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12 leçons-clés apprises en tant que femme rentrée (travailler) en Afrique | Épisode 3 : Deux précautions valent mieux qu’une

Posted in Afrique, and Transformation & Développement

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En 2014, j’ai pris la décision de quitter mon emploi de consultante en à Paris, pour rentrer au Cameroun diriger la filiale local d’une célèbre entreprise de commerce électronique. Je travaille actuellement sur de nouveaux projets à travers le continent africain, et j’ai voulu partager ici les leçons que j’ai apprises dans mon aventure de femme de revenue en Afrique pour le travail.

Dans le dernier épisode, nous avons parlé d’ “Amour et autres surprises”. Cette fois, nous allons nous éloigner un peu des aspects un peu romantiques et tâcher d’être plus stratégiques dans la manière dont nous organisons notre retour en Afrique. Je vais notamment vous expliquer comment et pourquoi vous devriez vraiment avoir un plan B solide avant de revenir en Afrique, et je vous donnerai quelques quelques astuces à avoir en tête lorsque vous prévoyez de traiter avec l’administration une fois sur place. Vous allez adorer !   

Cliquez ici si vous avez manqué le dernier épisode !

Attention : Mes “leçons” découlent essentiellement de mon expérience personnelle du retour en Afrique, et je ne suis pas professionnelle de la finance. N’hésitez donc pas solliciter des avis complémentaires avertis. De même, vous pourriez ne pas être tout à fait en phase avec mon approche pragmatique du retour en Afrique. Je le respecte complètement, et j’aimerais beaucoup avoir votre point de vue à ce sujet dans la section « Commentaires » plus bas.  

 

Leçon 5 : Soyez (émotionnellement) intelligent(e) dans la gestion de votre vie administrative

 

Un bureau – Quelque part en Afrique (c) Candace Nkoth

J’ai travaillé dans un certain nombre de pays africains, et je sais que la qualité des échanges avec l’administration publique peut varier significativement d’un endroit à un autre. Par exemple, au Ghana, il est possible d’établir une carte de séjour en 30 minutes, quasiment plus rapidement qu’à Singapour! Toutefois, voici quelques astuces qui pourraient vous aider dans vos échanges futurs avec l’administration publique en Afrique.

– Tâchez de vous construire un réseau pour faciliter ou accélérer vos formalités administratives. Dans certains pays, il est possible de perdre des semaines/mois/années, avant d’entrer en possession un nouveau passeport, un nouveau permis ou tout autre type de certificat nécessitant la signature d’une organisation publique. Si jamais vous n’avez pas la chance d’avoir un solide réseau familial `votre arrivée, afin de ne pas compter que sur la chance, n’hésitez pas à demander à vos contacts dans s’ils connaissent quelqu’un qui connait quelqu’un qui pourrait vous faciliter l’obtention d’un document ou d’une signature dans un délai raisonnable. En effet, la situation idéale serait que la majorité de nos administrations publiques aient une meilleure structure organisationnelle. Encore mieux, elles pourraient investir dans des procédés et des outils permettant une plus gestion efficace des données, pour moins de pertes de temps et d’information. Nous n’y sommes malheureusement pas encore. En attendant qu’on y arrive, et si votre temps est précieux, soyez débrouillard !  

Respirez ! Vivre dans certains pays africains peut éprouver grandement votre patience. Il existe des agents de la fonction publique qui semblent ignorent que leur cœur de métier consiste à servir, et pourraient avoir tendance à soit être trop lents et détendus dans l’exécution de leurs tâches (jouer au solitaire ou passer des cops de fils personnels au lieu de sóccuper des usager en attente), soient être plus agressifs que nécessaires. Certains d’entre vous SAVENT de quoi je parle. Mon avis : ne le prenez pas personnellement, restez aussi zen que possible, posez des questions et asphyxiez votre interlocuteur ou interlocutrice  de courtoisie. C’est dur, mais faites-moi confiance. Surtout évitez de réagir, leur faire la leçon ou d’essayer de défendre votre égo, car, inévitablement, la situation va dégénérer, et à terme vous aurez potentiellement perdu du temps, de l’argent et usé vos nerfs. Essayez de rester au-dessus du comportement de votre interlocuteur ou interlocutrice, et si jamais il arrive que vous connaissiez leur patron/manager ou toute autre personne dans l’administration, passez-leur un coup de fil et dénoncez l’agent en question, cela servira peut être à un futur usager !

Soyez organisé(e). En sachant que certaines choses prennent du temps, planifiez (au moins 6 mois en avance si nécessaire) tout document dont vous aurez besoin (carte d’identité, certificats, autorisations diverses). Gardez les originaux de votre passeport local contenant des visas occidentaux (ou votre passeport étranger si jamais vous avez une autre citoyenneté) en lieu sûr chez vous. Le trafic de passeports est une réalité dans plusieurs pays africains, et vous ne voudriez pas que votre identité alimente ces réseaux parallèles en cas de perte ou de vol. Essayez aussi tant que faire se peut de conserver vos papiers (factures, CNI, documents bancaires) bien archivés. Pour aller plus loin, assurez-vous de garder vos documents les plus importants dans un dossier aisément identifiable et transportable, au cas où vous devriez quitter urgemment le pays.

Ce qui nous constitue une parfaite transition vers notre prochain point!

 

Leçon 6 : Ayez un plan B

Signal Hill – Cape Town

L’Afrique est un continent fascinant et riche de possibilités. C’est également un lieu où le niveau d’incertitude est assez élevé, d’où la nécessité de s’organiser consciencieusement avant de quitter une situation stable en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Amérique du Nord.  

– Aussi controversé que cela puisse paraître aux plus « Afrocentristes » d’entre nous, je recommanderais fortement, avant de “rentrer” ou de partir en Afrique, de s’assurer d’avoir une carte de séjour, un statut de résident(e) permanent(e), voire même un passeport occidental. Si d’aventure il vous arrivait quelques mois ou années plus tard de devoir effectuer un voyage dans le pays dans lequel vous avez précédemment étudié ou travaillé, il serait dommage de devoir (encore) de se soumettre à la complexité, au manque de confort et à la forte incertitude associée à la demande d’un visa Schengen/Britannique/Américain/Canadien. Ce n’est peut-être  pas une vision très romantique, du “retour au pays”, mais elle est suffisamment pragmatique pour vous faciliter la vie en cas de besoin.

– Dans la mesure du possible essayez de vous séparer de votre ancien employeur en de (très) bons termes. Ne faites rien qui pourrait ternir votre réputation, ou du moins, la relation que vous entretenez avec eux. Vous pourriez avoir à revenir sur leur marché et pour y trouver un emploi, avoir besoin d’une lettre de recommandation ou même saisir une opportunité en Afrique via leur réseau. Le monde est petit ! Si jamais vous avez une raison légitime de ne pas porter votre ancien employeur ou certains collègues dans votre coeur, je vous suggère de procéder comme suit : invitez des ami(e)s un dimanche àboire le thé, et dans l’intimité de votre salle à manger/canapé, exprimez a coeur ouvert tout le “bien” que vous pensez d’eux (ou pas). Le reste du temps, soyez aussi gracieuse qu’une reine sur son trône, et laisser le Karma faire le reste du travail. Vous me remercierez plus tard 😉  

– Si vous pouvez vous le permettre, ou si vous êtes bien organisé(e) dans votre vie financière, n’hésitez pas à investir dans l’immobilier avant de revenir en Afrique. Pourquoi ? Après tout, vous rentrez en Afrique pour toujours, et vous n’êtes pas certain de vouloir continuer à entretenir un tel lien avec ce pays après votre départ. OK Admettons. Cela étant, posséder un bien immobilier à l’étranger, notamment en occident pourrait s’avérer utile à plus d’un titre. Cela pourrait constituer une source  additionnelle de revenu si vous le mettez en location sur Airbnb par exemple.  D’ailleurs, si vous estimez que le processus est trop compliqué, il existe un nombre davantage croissant  d’agences qui pourraient vous aider dans la gestion de la location de votre bien. Une autre raison est votre sécurité. Touchons du bois, mais imaginez un seul instant que vous ayiez de sérieux problèmes de santé ou qu’une crise politique grave survienne, ou tout soucis qui nécessiterait votre départ en Europe/Amérique pour un long séjour ! Vous vous estimerez heureux de ne pas avoir à squatter chez une tata, ou encore moins à payer un hôtel. Par ailleurs, c’est également une opportunité d’investissement intéressante. Même si de bonnes offres se présentent à vous d’acquérir de larges surfaces à des prix attractifs dans votre pays d’origine (si vous êtes africain), à des fins de diversification, il fait sans doute sens de ne pas placer tous vos œufs dans le même panier. Mais pourquoi investir avant de partir ? Tout simplement parce que dans la plupart des pays occidentaux, il est plus facile de se voir octroyer un prêt pendant que vous y disposez d’une adresse, d’un salaire et d’un numéro de contribuable. Donc à moins que vous n’ayiez les moyens de vous offrir un appartement à Paris, Washington DC ou Londres cash et en FCFA, Naira ou Cedis (et si oui, Mes Respect !), ne vous privez pas. Une fois de plus, le but est d’être aussi pragmatique possible.     

Prenez vos pécautions. Une fois bien installé(e) en Afrique, et si jamais vous êtes encore de citoyenneté étrangère, faites-vous enregistrer à votre ambassade et obtenez de votre consulat les noms et les coordonnées des personnes à contacter en cas de problème. De même, en l’absence de système d’adressage fixe, assurez-vous d’envoyer votre localisation à vos proches se trouvant à l’étranger. Il existe une manière très simple de le faire : utiliser Whatsapp  ou Plus Codes  ou What Three Words.

De manière générale, le fait de savoir que dans le pire des cas, vous avez toujours le choix d’être ailleurs (pour une semaine ou pour un long moment) vous aidera à certains à ne pas craquer trop vite quand vous aurez des crises. Mieux encore, cela vous permettra de rester la meilleur version de vous-même dans láccomplissemen de la mission que vous vous serez fixée pour votre depart en Afrique.

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Alors vos impressions? Est-ce que certains points évoqués dans cet épisode vous ont parlé ? Dites m’en plus en commentaires ! Ah ! Et je continue de poster/partager mes activités actuelles et mes histoires inspirantes sur ma page Facebook et sur mon profil Instagram (@candacenkoth). Suivez-moi pour une bonne dose d’inspiration quotidienne ! Et, comme d’habitude/comme à l’accoutumée, assurez-vous d’être inscrit à ma liste VIP  afin des de recevoir les mises à jour que je partage uniquement par e-mail.

À bientôt !

Candace

7 Comments

  1. Paule Yvonne MAKANDA
    Paule Yvonne MAKANDA

    J’ai juste une zone d’ombre. Tu as insisté sur le fait de garder la nationalité étrangère si on l’a ( pour ce qui est des africains), j’ai lu les raisons. Ma question: Est-ce à dire que le fait de revenir au Cameroun avec une nationalité étrangère serait plus bénéfique que l’expérience acquise à l’extérieur ?Autrement dit, en Afrique on accorderait plus de crédit aux étrangers ?

    22 septembre 2017
    |Reply
    • Candace
      Candace

      Hello Paule, je te confirme que rien ne vaut l’experience professionnelle acquise. Mon avis sur le fait de garder un lien administratif (nationalité, carte de séjour etc) avec le pays occidental où l’on a longtemps vécu est purement logistique. Si l’on a besoin de retourner à l’étranger se soigner, assister à une conférence ou simplement parce qu’on n’a pas réussi à trouver ses marques en Afrique, il est plus simple de voyager si on n’a pas à repasser par une ambassade. J’espère que c’est plus clair expliqué ainsi.

      22 septembre 2017
      |Reply
  2. Bravo Candice très belle initiative et recevez toutes mes félicitations….
    J’aurai aimé vous lire un article comme celui-ci il y’a de cela 8 ans en arrière ce qui m’aurait permis d’éviter quelques déconvenues dans mon aventure « retour au pays » en effet je suis la fondatrice de Oveng Lodge Cameroun crée en 2011 …
    J’aimerais prodiguer ces quelques conseils :
    Tout d’abord insister beaucoup sur l’aspect social et financier du retour au pays.
    (1) – L’argent ne suffit pas.
    (2) – Penser à une période d’observation pouvant aller de six mois à une année. Avant de se lancer.
    (3) – S’entourer de bonnes personnes.
    (4) – Faire attention à ces fréquentations ce qui vous éviterait certaines mauvaises surprises.

    Je suis sûr que votre article va aider beaucoup de femmes je le partage volontiers…

    Je reste disponible pour un échange…
    Bonne journée.

    1 octobre 2017
    |Reply
  3. ZOGO AWOUNDZA
    ZOGO AWOUNDZA

    Hello Candace.
    j’ai suivi avec beaucoup de plaisir votre vidéo. Même si je ne suis pas directement concerné, je mes suis senti interpellé notamment parce que vous donniez des conseils qui marchent aussi super en local pour ceux qui n’ont pas bougé. Tout ceci sommé à votre titre de Country Manager, m’amène à vous poser une question que je me pose depuis quelques mois.

    Comment faire pour représenter une marque au Cameroun. Quels sont les ressorts à ma disposition en termes de profil professionnel, de règlementations ou d’aptitudes techniques à avoir. Merci

    5 octobre 2017
    |Reply
    • Candace
      Candace

      Hello Steve, merci de ce message. Afin que je comprenne bien votre question: 1. Avez-vous specifique de marque en tête ? 2. Quand vous parlez de représentation, faites vous référence à un poste de country manager ou equivalent ? Mercu encore de votre commentaire et de votre visite !

      10 octobre 2017
      |Reply
  4. […] Dans le dernier épisode , nous avons évoqué la nécessité d’avoir un plan B solide. L’épisode actuel est une suite logique du précédent, car nous continuerons de parler de finance, de votre valeur sur le marché de l’emploi et des précautions à prendre une fois que vous serez de retour au pays. J’espère que quelques-unes de ces astuces vous parleront ! […]

    10 novembre 2017
    |Reply

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